Le « cài bāo », ces deux mots si simples, deviennent dans le palais des Hokklo une autre appellation : « cǎo zǐ guǒ ». Pourtant, ce même terme, une fois mâché par les Hakka, acquiert une saveur et une émotion bien distinctes.
Les Hakka, qui vivaient autrefois de la culture du riz, semaient après la moisson des graines de radis, attendant une nouvelle récolte. Une fois les radis mûrs, ils faisaient sécher ceux qu'ils ne pouvaient consommer, les stockant chez eux pour en faire une nourriture réconfortante durant l'hiver. Ainsi naquit le cài bāo hakka : une enveloppe de pâte de riz tendre renfermant des lamelles de radis séché, des champignons parfumés et de la viande hachée. Chaque bouchée déborde de saveurs chargées de souvenirs.
La forme de ce cài bāo évoque un petit cochon enfermé dans une cage en bambou, d'où son surnom de « zhū lóng bǎn ». Le radis séché symbolise l'esprit de persévérance et d'économie des Hakka ; la forme rappelant une cage à cochon, quant à elle, dégage une chaleur et une familiarité propres à la vie quotidienne. Cette collation, en apparence ordinaire, a pourtant laissé une empreinte profonde dans le cœur des Hakka.
En parlant de cài bāo, chaque Hakka a en tête sa propre saveur unique, et chaque foyer conserve en mémoire une émotion particulière qui lui est liée. Zou Ji souhaite partager ce souvenir, cette saveur, avec un plus grand nombre de personnes, afin que tous puissent goûter à la gastronomie hakka et se souvenir du goût de Zou Ji.